La physico-chimie de l'eau

Article mis à jour le 31/03/2016 par Alexandre MOULLAMA

Initié par l’Observatoire réunionnais de l'eau dès 1995, le réseau de suivi de la qualité physico-chimique des rivières s’est progressivement étendu et concerne aujourd’hui les 13 rivières pérennes et leurs principaux affluents, les 3 principaux étangs et la quasi-totalité des systèmes aquifères de l'île.

Les méthodologies de suivi sont ajustées selon le milieu concerné pour améliorer les connaissances sur les écosystèmes aquatiques d'eaux douces de La Réunion, fournir une image de la qualité des eaux continentales et surveiller son évolution à long terme, mieux connaître les pollutions et leurs origines, aider à la définition d'actions et d'opérations de gestion qualitative.

Pour les trois types de milieux faisant l'objet du suivi, quatre grands groupes de paramètres sont mesurés plusieurs fois par an.

  1. les paramètres physico-chimiques mesurés in-situ : pH, température de l'eau, conductivité, oxygène dissous ;
  2. les analyses effectuées en laboratoire : les ions majeurs et les macropolluants (formes de l'azote et du phosphore, matières en suspension,…),
  3. les pesticides,
  4. les autres micropolluants organiques comme les solvants, le benzène et ses dérivés, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les métaux (plomb, cuivre, zinc, chrome…), quelques substances pharmaceutiques (diclofénac, éthynyl estradiol, …)

Les campagnes de mesures sont réparties tout au long de l'année. La fréquence de mesure en fonction des groupes de paramètre est de 2 à 6 fois par an pour les rivières, 4 fois par an pour les étangs et 2 à 4 fois par an pour  les eaux souterraines.

Elles permettent de dresser des états qualitatifs à un instant donné lié à chaque prélèvement d’eau, ce qui répété dans le temps, donne une image assez représentative de la qualité et de son évolution annuelles et pluriannuelles.

Cependant, pour les eaux de surface, il reste très difficile d'enregistrer les pics de pollution notamment liés aux crues pendant les épisodes de fortes pluies.

Afin de pallier la variabilité temporelle de la qualité de l’eau, l’Office de l’eau participe au développement et au test de nouvelles méthodes de suivi dites intégratrices.

Concernant les eaux souterraines, ce suivi est complété par un suivi plus spécifique portant sur la salinité selon deux approches : une mesure 4 fois par an de la conductivité et des teneurs en chlorures sur 44 forages en exploitation, et une diagraphie de conductivité consistant à mesurer la conductivité tout le long de la colonne d'eau 4 fois par an sur 49 piézomètres.