La biologie dans l'eau

Article mis à jour le 31/03/2016 par Alexandre MOULLAMA

La directive cadre sur l’eau (DCE) vise l’évaluation de la qualité des eaux au regard d’un état chimique et écologique. L’état écologique, fondé principalement sur la biologie du milieu et la physico-chimie la soutenant, traduit la qualité de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

L’état biologique repose sur une expertise des espèces recensées dans le cours d’eau. Les peuplements en place sont impactés par les perturbations potentielles telles que la pollution, le prélèvement, un obstacle à la circulation, la disparition d’habitat.

L’ensemble des organismes constituent des bio-indicateurs de la qualité des eaux. Ces derniers réagissant différemment aux pressions qui influencent le milieu ;  leur complémentarité permet de mieux caractériser l’état global des écosystèmes aquatiques.

C'est au 19ème siècle qu’a débuté le développement des outils de bio-indication en Europe et en France continentales avec peu d’équivalents dans les territoires outre-mer ou plus généralement tropicaux.

En 2008, avec le concours financier de l’Union européenne (FEDER), de l’ONEMA et de l’Etat, un partenariat de recherche et développement entre l’Office de l’eau, le Centre national de recherche scientifique (CNRS), ASCONIT Consultants, l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture et l’association HYDRÔ Réunion a abouti à la validation de trois indicateurs biologiques adaptés à l’évaluation de la qualité écologique des rivières de l’île de Réunion à partir des poissons, des diatomées et des invertébrés benthiques.

Riches d’une biodiversité aquatique spécifique et souvent fragile, les cours d’eau réunionnais sont évalués annuellement depuis 2012 sur la base de ces nouveaux outils de référence au titre de la DCE : l’indice Réunion poisson (IRP), l’indice diatomique Réunion (IDR) et l’indice Réunion macroinvertébrés (IRM). Les campagnes de prélèvements sont réalisées en saison d'étiage, principalement entre septembre et novembre, sur plus d’une cinquantaine de stations de mesure.

 Le programme de recherche et développement a également contribué à améliorer la connaissance de la biocénose des cours d’eau pérennes de l’île avec la réalisation de deux atlas : diatomées et macroinvertébrés. Ces derniers recensent l’ensemble des taxons inventoriés entre 2008 et 2011 lors des campagnes réalisées sur les rivières réunionnaises. Ils ont pour ambition de permettre aux experts et aux novices de mieux comprendre le fonctionnement des rivières à travers la vie qui y habite.

Atlas des Diatomées Atlas des Macroinvertébrés