La caractérisation des aquifères d'altitude
A La Réunion, la grande majorité des ouvrages de reconnaissance ou d’exploitation (forages, puits, piézomètres) sont implantés dans les nappes littorales entre 0 et 300 m d’altitude.
Au-delà de cette limite, la connaissance des écoulements souterrains se limite à la localisation des principales sources de l’île (546 recensées dans la banque de données du sous-sol gérée par le BRGM) et à quelques études réalisées dans le cadre des Programmes départementaux de recherche en eau (PDRE).
Ces sources représentent l’exutoire de nappes perchées avec un stock d’eau supposé faible par rapport à celui des nappes littorales. Les plus profondes de ces sources peuvent également être les marqueurs de l’existence d’une nappe régionale à très forte potentialité.
Dans les deux cas, quel que soit le stock d’eau supposé disponible, ces nappes présentent potentiellement plusieurs intérêts :
- Ces nappes sont localisées dans des secteurs où la pression anthropique est généralement plus faible qu’en domaine littoral. L’analyse de la répartition altimétrique des sources connues permet de supposer que les nappes qui leur sont associées se situent sous plusieurs dizaines à centaines de mètres de recouvrement, ce qui leur assurent en théorie une bonne protection naturelle.
- Elles constituent des ressources intéressantes pour la production d’eau potable. Elles peuvent se substituer avantageusement aux ressources superficielles, très sensibles aux phénomènes de turbidité et principalement exploitées dans les hauts de l’île.
- Si la ressource disponible est très importante (existence d’une nappe régionale ou nappe perchée de grande extension), l’alimentation des bas de l’île pourrait être envisagée. Cette modalité peut permettre de diminuer l’actuelle pression d’exploitation sur les nappes littorales en particulier celles qui apparaissent comme très sensibles à la salinisation.
- Dans l’hypothèse où les bas peuvent être alimentés par les hauts en gravitaire, des économies d’énergie peuvent être envisagées. Cette économie dépendra en partie des modalités d’exploitation (forages ou galeries drainantes).
Afin de contribuer à la caractérisation des aquifères d’altitude, l’Office de l’eau Réunion co-finance en partenariat avec le BRGM, une étude axée sur le suivi quantitatif et qualitatif de sources représentatives des différents contextes hydrogéologiques de La Réunion.