
Les rejets d'eau ou les boues produites par les activités industrielles se retrouvent dans l'environnement et sont susceptibles de créer des risques sanitaires aux usagers des eaux souterraines ou superficielles, et de perturber la vie aquatique.
La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 applique les principes de prévention et de réparation des dommages à l’environnement. Il s’agit de mieux partager l’effort pour lutter contre la pollution des eaux, protéger la santé, préserver la biodiversité et garantir la disponibilité de la ressource. A ce titre elle institue les redevances pour pollution de l’eau non domestique et modernisation des réseaux de collecte associée.
Conformément aux délibérations du Comité de Bassin Réunion et du conseil d’administration de l’Office, ces redevances s’appliquent à compter du 1er janvier 2011.
La redevance pour pollution de l’eau d’origine non domestique est due par toute personne dont les activités entraînent le rejet, au-delà d’un certain seuil, d’éléments polluants directement dans le milieu naturel ou par l’intermédiaire d’un réseau de collecte.
Sont exclus :
Le tableau ci-dessous présente les éléments polluants qui sont pris en compte pour cette redevance, le seuil d’assujettissement qui leur correspond ainsi que le seuil rendant obligatoire la mise ne place d’un Suivi Régulier des Rejets (SRR) :
Eléments constitutifs de la pollution | Seuils d’assujettissement (unité/an) | Seuils rendant obligatoire le SRR (unité/an) |
|---|---|---|
Matière en suspension (par kg) | 5 200 kg | 600 T |
Matière en suspension rejetée en mer au-delà de 5 km du littoral et à plus de 250 m de profondeur (par kg) | 5 200 kg | 600 T |
Demande chimique en oxygène (par kg) | 9 900 kg | 600 T |
Demande biochimique en oxygène en 5 jours (par kg) | 4 400 kg | 300 T |
Azote réduit (par kg) | 880 kg | 40 T |
Azote oxydé, nitrites et nitrates (par kg) | 880 kg | 40 T |
Phosphore total, organique ou minéral (par kg) | 220 kg | 10 T |
Métox * (par kg) | 200 kg | 10 000 kg |
Métox * rejetées dans les masses d’eau souterraines (par kg) | 200 kg | 10 000 kg |
Toxicité aiguë (par kiloéquitox) | 50 kEquitox | 10 000 kEquitox |
Toxicité aiguë rejetée dans les masses d’eau souterraine (par kiloéquitox) | 50 kEquitox | 10 000 kEquitox |
Composés halogénés adsorbables sur charbon actif (par kg) | 50 kg | 2 000 kg |
Composés halogénés adsorbables sur charbon actif rejetés en masse d’eau souterraine (par kg) | 50 kg | 2 000 kg |
Sels dissous (m3[siemens/centimètre]) | 2000 m3 * S/cm | 100 000 m3 S/cm |
Chaleur rejetée en mer** (par méga thermie) | 100 Mth | 2 000 Mth |
Chaleur rejetée en rivière, excepté en hiver (par méga thermie) | 10 Mth | 2 000 Mth |
* La quantité de « métox » rejetée est la somme des masses des métaux et métalloïdes rejetés, la masse de chacun étant préalablement multipliée par un coefficient : ARSENIC (10), CADMIUM (50), CHROME (1), CUIVRE (5), MERCURE (50), NICKEL (5), PLOMB (10), ZINC (1)
** Les rejets de chaleur en mer sont ceux réalisés au-delà de la limite transversale de la mer définie en application du décret n° 2004-309 du 29 mars 2004 relatif à la procédure de délimitation du rivage de la mer, des lais et relais de la mer et des limites transversales de la mer à l’embouchure des fleuves et des rivières
La redevance est assise sur la pollution annuelle rejetée dans le milieu naturel, ce qui correspond à :
Pollution annuelle = 12 x [(Pollution moyenne mensuelle + pollution mensuelle la plus forte)/2]
L’assiette de la redevance est la pollution annuelle rejetée dans le milieu naturel égale à douze fois la moyenne de la pollution moyenne mensuelle et de la pollution mensuelle rejetée la plus forte.
La pollution mensuelle rejetée la plus forte est celle du mois pour lequel la somme, pour l’ensemble des éléments constitutifs de la pollution, des valeurs calculées, est la plus élevée.
L’assiette est déterminée directement à partir des résultats du suivi régulier de l'ensemble des rejets ; le dispositif de suivi doit être agréé et contrôlé par un organisme mandaté par l’Office de l'eau Réunion.
Lorsque le suivi régulier des rejets s'avère impossible, l'assiette est déterminée indirectement par le niveau théorique de pollution (NTP) correspondant à l'activité en cause. Ce NTP est calculé sur la base de grandeurs caractéristiques (GC) et de coefficients spécifiques de pollution (CSP), correspondant à l’activité, et déterminés sur la base d’un forfait adapté à l’activité considérée (annexe 5 du décret du 21 décembre 2007 relatif aux modalités d’établissement des redevances pour pollution de l’eau et pour modernisation des réseaux de collecte ) ou à défaut, sur le résultat de campagnes générales de mesures.
Le SRR est obligatoirement mis en oeuvre sur tous les éléments polluants, dès lors que le niveau théorique de pollution (NTP) d’un seul de ces éléments est égal ou supérieur au seuil mentionné à l’article R. 213-48-6 du code de l’environnement.
Pour la détermination du seuil du SRR, le NTP est à calculer en tenant compte de la pollution mensuelle produit la plus forte en application du 1er alinéa du II de l’article L. 213-10-2 :
NTP = Grandeur caractéristique (1) x coefficient de pollution
(1) Valeur de 12 x (pollution moyenne mensuelle produite + pollution mensuelle produite la plus forte) / 2
Si le NTP est supérieur ou égal au seuil prévu par décret, alors il y a obligation de mettre en place un suivi régulier des rejets.
La pollution évitée par la mise en place d’un dispositif de dépollution est également prise en compte. Elle est déterminée à partir de mesures effectuées chaque année, le dispositif de suivi étant agréé par l’Office de l'eau Réunion ou, à défaut, à partir de coefficients évaluant l'efficacité du dispositif de dépollution mis en oeuvre (annexe 5 du décret du 21 décembre 2007 ). La pollution évitée est déduite de l’assiette retenue pour le calcul de la redevance.
La redevance se calcule en multipliant la quantité rejetée de chaque élément polluant par le taux qui lui est associé. Ces taux sont fixés par délibération du Conseil d’administration de l’Office de l’eau Réunion et sur avis conforme du Comité de bassin dans la limite des taux plafond fixés par la loi :
Taux | ||||
|---|---|---|---|---|
Eléments constitutifs de la pollution | Taux maximal applicable (€/unité) | 2011-2012 | 2013-2014 | A partir de 2015 (*) |
Matière en suspension (par kg) | 0,30 | 0,003 € | 0,0075 € | 0,015 € (*) |
Matière en suspension rejetée en mer au-delà de 5 km du littoral et à plus de 250 m de profondeur (par kg) | 0,10 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Demande chimique en oxygène (par kg) | 0,20 | 0,002 € | 0,005 € | 0,01 € (*) |
Demande biochimique en oxygène en 5 jours (par kg) | 0,40 | 0,004 € | 0,01 € | 0,02 € (*) |
Azote réduit (par kg) | 0,70 | 0,007 € | 0,0175 € | 0,035 € (*) |
Azote oxydé, nitrites et nitrates (par kg) | 0,30 | 0,003 € | 0,0075 € | 0,015 € (*) |
Phosphore total, organique ou minéral (par kg) | 2,00 | 0,020 € | 0,05 € | 0,1 € (*) |
Métox (par kg) | 3,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Métox rejetées dans les masses d’eau souterraines (par kg) | 5,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Toxicité aiguë (par kiloéquitox) | 15,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Toxicité aiguë rejetée dans les masses d’eau souterraine (par kiloéquitox) | 25,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Composés halogénés adsorbables sur charbon actif (par kg) | 13,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Composés halogénés adsorbables sur charbon actif rejetés en masse d’eau souterraine (par kg) | 20,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Sels dissous (m3[siemens/centimètre]) | 0,15 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Chaleur rejetée en mer (par méga thermie) | 8,50 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
Chaleur rejetée en rivière, excepté en hiver (par méga thermie) | 85,00 | 0,0 € | A définir courant 2012 | A déterminer suivant décision 2012 et après analyse de l’impact |
(*) A confirmer après une évaluation préalable de l’évolution du processus pendant les 4 ans de première mise en oeuvre
Les personnes qui acquittent la redevance pour pollution de l’eau d’origine non domestique et dont les activités entraînent des rejets d’eaux usées dans un réseau public de collecte.
Sont exonérées les personnes qui transfèrent directement leurs eaux usées à la station d’épuration au moyen d’un collecteur spécifique qu’elles ont financé.
La redevance = l’assiette (m3) * le taux (€/m3)
La redevance est assise :
Le taux voté pour une application au 1er janvier 2011 est de 0,01€ par m3 d’eau usée.
Les éléments nécessaires au calcul de la redevance de l’année (n) doivent être déclarés à l’Office de l’eau Réunion avant le 1er avril de l’année (n+1).
A défaut la redevance est :
En cas de cession ou de cessation d’entreprise, les redevances qui sont dues sont immédiatement établies. Les contribuables déclarent les éléments requis dans un délai de soixante jours à compter de la cession ou de la cessation d’entreprise.
Les redevances ou suppléments de redevances inférieurs à 100 € ne sont pas mis en recouvrement.
Les redevances perçues auprès de tous les utilisateurs d’eau permettent de financer les actions du Programme Pluriannuel d’Interventions de l’Office de l’eau Réunion dont les objectifs sont de gérer durablement la ressource en eau, lutter contre les pollutions, préserver, restaurer et gérer les milieux aquatiques, renforcer la gouvernance dans le domaine de l’eau.
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